« Nous avons anticipé le décret BACS : retour d'expérience d'un gestionnaire de portefeuille »
Un directeur technique d'une foncière de bureaux revient sur le déploiement GTB réalisé en 2025 sur un bâtiment de 220 kW. Résultat : −22 % de consommation CVC, prime CEE encaissée, conformité assurée.
« Le report nous arrange pour les autres sites, mais nous sommes vraiment contents d’avoir anticipé sur celui-ci. Les résultats sont là. »
— Directeur Technique, foncière de bureaux (portefeuille 12 immeubles)
Le contexte : un immeuble de bureaux de 220 kW en région parisienne
L’immeuble concerné est un bâtiment de bureaux de 4 200 m² situé en première couronne parisienne, construit dans les années 1990 et rénové partiellement en 2018. Sa puissance CVC nominale utile était de 220 kW, le plaçant directement dans la tranche 70–290 kW visée par le décret BACS.
En 2024, la direction technique de la foncière a décidé de lancer le déploiement d’une GTB de classe B sur ce site, avant même que l’obligation ne soit connue avec précision.
Le choix d’anticiper : une décision stratégique
La décision d’anticiper n’était pas uniquement réglementaire. Elle répondait à plusieurs enjeux simultanés :
- Les locataires exerçaient une pression croissante pour des rapports ESG précis sur les consommations énergétiques du bâtiment.
- Le renouvellement de bail d’un locataire occupant 60 % des surfaces était en cours de négociation, et la performance environnementale du bâtiment était un critère explicite.
- Le poste énergie du bâtiment avait augmenté de 18 % entre 2021 et 2023, créant une pression sur la rentabilité de l’actif.
Le déploiement : 4 mois, classe B, budget maîtrisé
Après un appel d’offres auprès de trois intégrateurs GTB, la solution retenue a été déployée en 4 mois, entre janvier et avril 2025. Le budget total s’est élevé à 38 000 € HT, dont une partie significative couverte par la prime CEE BAT-TH-116.
Le système installé intègre :
- Régulation automatique du chauffage et de la climatisation par zone
- Optimisation des relances de chauffe selon les prévisions météo
- Supervision centralisée accessible via tableau de bord web
- Export automatique des données vers OPERAT
Les résultats après 10 mois de fonctionnement
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- −22 % de consommation CVC en 2025 vs 2024
- 8 300 € d’économies annuelles réalisées
- 4,5 ans de ROI estimé
Au-delà des chiffres, l’équipe technique souligne d’autres bénéfices :
- Réduction significative des appels locataires pour des problèmes de confort thermique
- Renouvellement du bail signé avec succès — la performance GTB citée explicitement dans les annexes environnementales
- Données OPERAT 2025 renseignées automatiquement, sans mobilisation supplémentaire du service technique
Le message pour les autres gestionnaires
Le directeur technique conclut ainsi : « La tentation d’attendre est forte, surtout avec le report à 2030. Mais les 3 ans de décalage, c’est 3 ans d’économies perdues et 3 ans de données manquantes pour OPERAT. Et en 2029, vous vous retrouverez à faire la même chose dans l’urgence, probablement plus cher et avec moins de choix d’intégrateurs. »
Conseil de terrain : Demandez systématiquement à votre intégrateur une démonstration de l’interface de supervision avant de signer. La qualité du tableau de bord et la facilité d’export OPERAT sont aussi importantes que les performances techniques du système.
Point de vigilance : Le budget de 38 000 € comprend l’installation mais aussi la phase de commissioning (réglages sur une saison complète). Ne négociez pas cette phase à la baisse : elle conditionne 30 à 40 % des gains énergétiques finaux.
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